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Qu’est-ce la conscience?

Que savons-nous de notre propre conscience ? Rien peut-être ? Bergson traduit cette difficulté : « N’y a-t-il pas là quelque chose de surprenant ? Nous sommes intérieurs à nous-même, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme à l’étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. » C’est dans la conscience que le monde nous apparaît. C’est par la conscience que le sentiment est connu, que les choses sont décrites et pensées, que l’image est imaginée ou que le jugement est prononcé. Nous connaissons tout par la conscience. Mais connaissons-nous la conscience elle-même ? Ce qui est trop proche n’est pas nécessairement compris clairement, à l’exemple des paupières qui sont les plus proches des yeux, mais ne sont pas perçues par eux. Nous passons certes notre vie dans la conscience, mais sans la connaître ; ce qui revient à dire que nous ne nous connaissons pas. C’est d’ailleurs pourquoi le monde de l’extériorité paraît toujours plus clair que celui de l’intériorité. Dans le monde extérieur, il y a des objets aux contours précis, des choses qui sont distinctes et mesurables, bref le monde de l’objectivité et de la matière qui s’impose distinctement à la pensée. Mais au plus proche de soi ? De la subjectivité de la conscience elle-même, que savons-nous du sujet ? Cela veut-il dire qu’être conscient, c’est être conscient de ce qui n’est pas soi ? Ne pouvons-nous devenir conscients de nous-même, du soi intérieur ? Dès lors, comment pouvons-nous nous connaître dans ces conditions ? La conscience comporte-t-elle une présence à soi-même qui l’éclaire ou est-elle ignorante d’elle-même, tout en ayant pouvoir de connaître tout le reste ? Comment la conscience peut-elle se connaître elle-même ?

La conscience ne peut se connaître par elle-même. Pour connaître son état de conscience éternel qui est en quelque sorte l’identité et la fonction éternelle de l’âme, la conscience a besoin d’être réveillée par une autre conscience éveillée et consciente de la plus haute conscience, par un maître. Un morceau de bois ne peut pas s’allumer tout seul. « Qui suis-je, pourquoi dois-je souffrir, par quel moyen puis-je me sortir de ces souffrances ? Quel est le but de la vie ? Où trouver la réponse ? » Dans la voie Bhagavata, du Bhakti-yoga, les Écritures védiques indiquent : « Toutes les âmes sont des serviteurs éternels de Dieu ; toutes ont une relation d’amour spéciale avec Lui, car les âmes sont des parties infimes de Son énergie (Jiva shakti). Cette connaissance permet à l’âme, non plus de s’identifier au corps et au corps subtil (fait d’esprit, d’intelligence et d’ego menant l’âme conditionnée d’un monde à l’autre), mais à s’identifier à sa nature réelle. De ce nouveau paradigme, la conscience change sa vision des êtres et des choses du monde. L’identification est la clé. En latin, le mot ‘identification’ est formé d’idem, qui veut dire ‘pareil’, et de facere, qui veut dire ‘faire’. Quand je m’identifie à, je ‘fais pareil’, pareil à moi, à la forme que se donne le moi en s’appropriant d’abord l’objet. La cause de l’angoisse de l’homme d’aujourd’hui qui a peur et est dans le désarroi, est cette identification à la matière. Plongés dans l’ignorance, nous avons peur parce que nous ne savons pas ; peur parce que nous ne connaissons pas les choses et, dans cette méconnaissance, nous nous sentons insécurisés. Cette frayeur qui se manifeste bien souvent par le fait de ne savoir que choisir, que faire, vers où se diriger, et de laisser courir les années de sa vie dans une médiocrité constante, épuisante et infiniment triste, nous mène au désarroi. Désarroi car, évidemment, il est très difficile de pouvoir dire de nous-même qui nous sommes, d’où nous venons et où nous allons. Ces trois interrogations si simples, si naïves, sont celles pourtant qui créent notre désarroi fondamental. Pourquoi travaillons-nous ou pourquoi étudions-nous ? Pourquoi vivons-nous et qu’est-ce que le bonheur ? Que poursuivons-nous ? Tout cela même se retrouve dans les frustrations propres à définir l’identité nationale française ou autre, notre relation avec l’autre, l’étranger ou l’immigré, avec la nature et les animaux.

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