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La nature comme une bible ouverte

Initiation à la découverte de la montagne et à l’accompagnement de ces gestes singuliers ; pour enfants et jeunes adultes
    

Le vrai progrès ne dépend pas de l’industrie, mais des richesses naturelles et des aliments sains offerts gracieusement par notre mère Nature. Les Pères de l’Église considéraient la nature comme le lieu où l’on entre en contact avec Dieu : “une Bible ouverte”. Les yogis voient la nature comme un dictionnaire expliquant la nature du monde transcendantal. Si l’homme est fait à l’image de Dieu, notre Terre est faite à l’image de la Terre sainte et éternelle de Son royaume : le Paradis. 

Les médias nous disent que l’homme moderne cherche, dans la nature et dans les spiritualités, un peu de douceur, pour pouvoir faire face à la violence du monde. Les trois quarts des Français considèrent que les religions correspondent à un besoin essentiel de l’homme. Depuis la séparation de l’Église et de l’État, les Églises traditionnelles se sont peu à peu vidées, au sens classique du terme, de la pratique et de l’assiduité à la messe. Parallèlement, d’autres façons de vivre à la lumière des Évangiles ne cessent d’apparaître. En 2007, j’ai eu l’opportunité de visiter de nombreux monastères en France. Ceux-ci se trouvent pour la plupart à l’écart du monde turbulent, retirés au cœur de la nature, dans des lieux privilégiés favorisant l’intériorisation, la paix, la méditation, les travaux dévotionnels, le repos de l’âme et de l’homme. Grâce à l’atmosphère de respect et de silence qui émane de leur cadre simple et naturel, ils suscitent un intérêt grandissant. Quant aux églises (ou autres édifices religieux), situées au milieu des paysages urbains dépourvus de nature, grâce à leurs murs épais, elles continuent d’offrir leur espace sacré pareil à un oasis au milieu du désert de l’affairisme mondain ; elles apportent un regain de sérénité, une relaxation face au stress quotidien. Généralement vides à certaines heures de la semaine, elles offrent un lieu paisible où l’on peut respirer la quiétude et le sacré, se décharger de certaines pollutions psychiques qui planent au-dessus de la cité, se ressourcer quelques instants à l’aide de la méditation. Quand notre mental, rempli de toutes sortes d’impressions, d’informations et de préoccupations accumulées au fil du quotidien, nous empêche de nous concentrer totalement, ce n’est certes pas aisé de nous recueillir, de porter nos pensées vers Dieu. Mais sans cette pratique régulière, comment permettre à notre être, à notre âme, de se ressourcer, de faire le vide, de se stabiliser, de rêver à un monde meilleur, d’entrer en communion avec Dieu ?

Contempler les paraboles de Jésus et des apôtres, certains passages de la Bible, de la Thora, du Coran, de la Bhagavad-gita; psalmodier les saints noms, des mantras védiques ou autres formules bouddhistes, chamaniques ; faire des exercices de yoga ; s’absorber dans la musique sacrée : toutes ces choses peuvent nous aider à contrôler et purifier notre esprit, à éviter d’avoir à nous rendre chez un psy, ou encore de nous bourrer d’antidépresseurs et autres médocs médiocres.

Et pour celles et ceux qui ne se sentent pas inspirés par les pratiques précitées, il est facile de poser leur esprit sur la beauté de la nature qui est – selon les anciennes traditions – le reflet de l’environnement du monde spirituel, une fenêtre sur le royaume éternel où le Seigneur Bienheureux prend plaisir éternellement. Cette visualisation de la nature accompagnant la méditation et l’oraison est enseignée dans les Textes sacrés du monothéisme de l’Inde, qui décrivent l’environnement merveilleux du jardin de Dieu, là où : les arbres sont des arbres à souhaits ; les pierres, philosophales ; l’eau, du nectar ; les fleurs peuvent satisfaire tous les désirs ; chaque pas est une danse ; chaque parole est de la poésie, tout est supra-conscient d’amour pour l’Être d’amour suprême, l’Infiniment fascinant.

Glorifiée par de nombreux poètes tels Chandidas, Vidyapati, Jayadeva, Bilvamangal Tagore, Surdas, Thukaram, Madhva, Rupa Goswami, etc., l’une des planètes du monde spirituel – Vraja – est décrite dans les textes comme l’endroit le plus attractif et la planète Terre comme sa réplique temporaire. Le grand saint mystique du Bengale, Bhaktivinoda Tagore, nous révèle sa vision :

« La terre sainte de Vraja (nom sanscrit pour l’enclos du Seigneur) est rafraîchie par la présence d’arbres dont les tendres branches sont chargées de bouquets de frais bourgeons et de fleurs fascinantes, gorgées de miel et emplies de parfums célestes. Des vignes, ornées de grappes de fleurs fraîches, enlacent leur tronc.

« Au cœur de Vraja résonnent le bourdonnement des essaims d’abeilles venues savourer le nectar des fleurs épanouies, les roucoulements des colombes, des perroquets, des perruches et des coucous. Partout les paons accomplissent leur danse.

« Vraja est servie par une douce brise, apaisante, qui transporte de fines gouttelettes d’eau prises au clapotis des vagues de la rivière Yamunâ, et cette brise, chargée du pollen des lotus épanouis, secoue les vêtements des jeunes filles, troublant leur esprit d’un désir envers Leur Seigneur.

« Au milieu de Vraja se trouve un arbre à souhaits qui satisfait tous les désirs. Il s’élève à une très grande hauteur, ses branches sont de corail, ses feuilles, d’émeraude, ses bourgeons forment des bouquets de diamants et de perles, et ses fruits sont des rubis. Les saisons personnifiées étant à son service, il produit toutes sortes de fleurs simultanément. À la base de cet arbre à souhaits qui déverse le nectar, le sol est dégagé, offrant un espace aussi brillant que le reflet du soleil levant sur une chaîne de montagnes d’or pur, des joyaux incrustés y brillent de leurs feux et des monceaux de pollen doré y flamboient. Ce lieu est totalement dénué des vagues de lamentation, de l’illusion, de la vieillesse, de la mort, de la faim et de la soif.

« Sur le sol incrusté de pierres précieuses (de gemmes), se trouve un siège raffiné, délicat, en forme d’un lotus à huit pétales dont la teinte est celle de l’aube. Au centre de celui-ci, resplendissant comme le soleil levant, le Seigneur bienheureux est assis en toute simplicité dans une position confortable. Il resplendit comme un saphir foncé, sombre comme une montagne de nuages de mousson, délicat comme un lotus bleu. Des ornements en fleur de parijata, que servent avec avidité et empressement des essaims d’abeilles, ornent Sa tête. Ses oreilles sont décorées de fleurs fraîches. Entre une paire de longs sourcils qui semblent ramper, un signe vertical lumineux de couleur jaune brille sur Son front plat, au milieu de mèches et boucles de cheveux éparses. Son visage brille comme une lune d’automne immaculée et Ses yeux sont aussi larges que les pétales d’un lotus. L’éclat de Ses boucles d’oreilles, ressemblant au poisson mythique du dieu de l’amour, se reflète sur Ses joues semblables à un miroir. Son merveilleux nez est relevé avec élégance, gracieusement, et Son tendre sourire, que l’on compare à la lune ou à une fleur de jasmin, illumine tous Ses traits que décore une épaisse et abondante chevelure noire, glacée et bouclée. »

Dans ces écrits védiques, le Seigneur révèle qu’Il est très sensible à l’environnement, et qu’Il nous a graciés d’un reflet de son monde d’antimatière et d’éternité en manifestant notre Terre et notre forme humaine à Son image et au reflet de Sa nature. Aujourd’hui, les religions ne reconnaissent plus beaucoup le rôle sacré et fondamental tenu par la nature dans notre vie. Pourtant, de nombreux textes spirituels montrent que le Seigneur originel est le bénéficiaire suprême et le véritable objet de toutes offrandes et méditations. Dans la Bhagavad-gita ch. 9, Dieu dit : « Que l’on M’offre, avec amour et dévotion, une feuille, une fleur, un fruit, de l’eau, et cette offrande, Je l’accepterai ». Puis Il explique comment, Lui, la source énergétique, contrôle Ses énergies et comment Il manifeste Son omniprésence par l’intermédiaire de Ses énergies matérielles et spirituelles : « La terre, l’eau, le feu, l’air, l’éther, le mental, l’intelligence et le faux ego, ces huit divisions de l’énergie matérielle sont miennes mais sont distinctes de Moi. Outre cette énergie inférieure, il est une énergie supérieure qui M’appartient également. C’est l’énergie marginale comprenant tous les êtres vivants qui, à l’origine, sont dotés du libre arbitre : le choix de vivre dans le monde transcendantal ou d’exploiter ici-bas les ressources de la nature matérielle. Je suis l’Âme suprême qui réside dans le cœur de chacun. De l’eau, Je suis la saveur ; du soleil et de la lune, la lumière ; le son dans l’éther ; et l’aptitude en l’homme. Je suis le parfum originel de la terre et la chaleur du feu. Je suis la vie en tout ce qui vit. Je suis la semence initiale de tous les êtres ; de l’intelligent Je suis l’intelligence ; l’union charnelle qui n’enfreint pas les principes de la religion. En un sens, Je suis tout, mais Je suis toujours indépendant de tout. Après de nombreuses morts et renaissances, l’homme au vrai savoir s’abandonne à Moi, parce qu’il sait que Je suis la cause de toutes les causes et de tout ce qui est. Une si grande âme est rare. »

Bien que les monothéismes occidentaux (judaïsme, christianisme et islamisme) défendent à leurs fidèles de se faire une image de Dieu, le Seigneur est décrit très poétiquement, assimilé à la nature. Par exemple, dans Le Cantique des Cantiques de Salomon (V:10-16) : « Mon bien-aimé est blanc et vermeil ; Il se distingue entre dix mille. Sa tête est de l’or pur ; Ses boucles sont flottantes, noires comme le corbeau. Ses yeux sont comme les colombes au bord des ruisseaux, se baignant dans le lait, reposant au sein de l’abondance. Ses joues sont comme un parterre d’aromates, une couche de plantes odorantes. Ses lèvres sont des lys, d’où s’écoule la myrrhe. Ses mains sont des anneaux d’or garnis de chrysolithes ; Son corps est de l’ivoire poli, couvert de saphirs ; Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, posées sur des bases d’or pur. Son aspect est comme le Liban, distingué comme des cèdres. Sa bouche n’est que douceur, et toute Sa personne est pleine de charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami. »

Ces révélations nous aident à poser nos pensées, nos prières et nos actes de dévotion sur quelque chose qui nous est connu et que l’on aime parce que nous avons tous plus ou moins fait l’expérience du bien-être que nous offrent la nature et son esprit de sagesse. Double raison pour la protéger, à moins d’avoir l’esprit obscurci par la démence (homo demens).

L’homme moderne cherche à s’évader de ses contraintes qui, jour et nuit, minent son mental. La religion, à travers ses écritures, invite l’esprit à se connecter non seulement à la grandeur du Seigneur (dont tous les textes décrivent les attributs) mais aussi à l’environnement dans lequel Il prend plaisir. Elle offre ainsi un espace de méditation sur le monde parfait, sur la “Réalité merveilleuse”. À travers des actes d’embellissement de ce Jardin d’Eden qu’est la Terre, en reproduisant l’esthétique de la nature du monde spirituel dans tous les lieux saints, les lieux de pèlerinage, l’homme peut rendre concrète cette “Réalité merveilleuse”. Alors, le dévot, le pèlerin, n’aura qu’une envie : ne plus quitter ce lieu, le reproduire dans son environnement ou le garder imprimé dans son esprit. De cette manière, en gravant de nouvelles impressions sur les anciennes, le mental se libère de toutes les impressions du monde qui l’affligent et le cœur est joyeux. C’est une façon parmi d’autres pour enlever ces vieilles toiles d’araignées que sont nos schémas ressassés qui nous retiennent dans un paradigme paralysé depuis des temps immémoriaux. Notre mental ainsi purifié, c’est plus facile de maîtriser nos impulsions – penser, ressentir et désirer. Ainsi, nous développons progressivement un goût supérieur pour tout ce qui a trait à la vie divine, pour entrer dans la contemplation soutenue et, par grâce, la vision directe de la geste de Dieu. Tel est le but de la forme humaine.

Sans cette opportunité qu’offre le chemin spirituel, nous recherchons l’évasion par l’intermédiaire des vendeurs de rêves, emplissant sans cesse notre esprit de données matérielles et d’actes emprunts de l’esprit d’exploitation. Ce qui ne permet pas de connaître la satisfaction et la paix intérieures. De plus, ces impressions restent gravées dans le corps subtil – mental, intelligence et conscience matérielle – même après la mort du corps grossier.

Les écrits sacrés de l’Inde stipulent que l’âme continue sa course d’un corps à l’autre à l’aide du corps subtil (l’esprit). Ces souvenirs en provenance d’expériences faites dans des vies antérieures, ces impressions de « déjà vu », de « déjà vécu » engrammées dans nos cellules lors de vies passées influencent certaines de nos dispositions d’esprit et certains de nos choix en cette vie. Ceci est à différencier du karma et de circonstances irrévocables dans notre existence : aspects physique et psychique, situation sociale, etc. Le karma (loi de la cause et de l’effet, des semailles et des récoltes…) et les impressions du monde que l’on accumule au fil du temps, sont les deux poids qui nous retiennent attachés à la roue du samsara – le cycle des morts et des renaissances dans le monde matériel.

Pourtant, le religieux a ses contradictions. Prenons l’exemple de l’Inde (spécialement dans le Nord) que je connais bien. Malheureusement, les prêtres hindous – très écoutés et respectés, dont l’influence est grande – pratiquent un discours qui s’arrête à leur porte : ils ne prêchent que pour leur temple afin d’amasser des donations. Bien qu’appartenant à une grande civilisation associant spiritualité et écologie, ils ne fournissent aucune directive écologique aux habitants et aux visiteurs des lieux saints, qui jettent des tonnes de plastiques n’importe où et, faute d’infrastructures, laissent leurs eaux usées se déverser dans les rivières sacrées. Ils lavent leur linge avec des produits chimiques dans les lacs où les pèlerins viennent se purifier. Ils déboisent et occupent les pâturages et les jardins de fleurs pour construire des résidences secondaires ou des ashrams de luxe pour satisfaire une demande qui ne cesse de croître, enrichissant certains esprits mafieux. Si bien qu’il n’y a plus ni forêts ni lieux où les vaches sacrées puissent errer paisiblement et trouver de l’herbe fraîche, et de moins en moins de jardins pour cultiver les fleurs destinées aux offrandes des temples. Les fleurs en plastique et les parfums synthétiques font leur apparition ! Ce qui donne toute sa valeur à un lieu sacré, ce n’est pas qu’il soit un lieu historique, avec de grands édifices religieux qui nous le rappellent, mais, et surtout, c’est la présence d’hommes réalisés, de sages qui dispensent des enseignements réalisés : des véritables exemples et témoins de la foi et de l’amour divin. Leur habitat préféré, c’est au milieu de la nature ou là où elle est respectée.

Actuellement, en Inde, la démesure du modernisme fait plus de dégâts que les 800 ans de colonisation par l’Islam et les 200 ans par les Anglais. L’argent ne manque pas, mais la cupidité est trop excessive, surtout quand elle revêt l’habit religieux. Souvent poussées par leur famille, les vieilles veuves, qui viennent se réfugier près des temples pour finir leur vie, avec dignité, dans le recueillement, ne sont plus protégées. Avec l’arrivée du “Maharaja progrès” et de toute sa cour (plastiques, tracteurs, engrais chimiques, télés, etc.), l’Inde rurale a de plus en plus de difficultés à garder une vie simple, en accord avec les traditions ancestrales. Une vie près de la nature (biogaz – méthane à partir de compost –, maisons en pisé peintes à la chaux, science de la géobiologie, traction animale, engrais naturel – bouse de vache –, vaisselle en feuilles d’arbres, gobelets jetables en terre cuite, manger avec les mains, médecine traditionnelle ayurvédique, etc.). Les Indiens continuent à tout recycler grâce, et merci, aux pauvres qui n’ont que ce moyen pour survivre : rien ne se perd, tout se transforme. Maintenant, reste à voir si le mode de vie traditionnel ne va pas se transformer dans le mauvais sens. L’Inde est appelée à devenir une super puissance, et son attrait pour le “Maharaja progrès” monté sur son éléphant blanc la rend très obéissante aux dires du cornaque hédoniste. Elle a signé un contrat avec la France pour la construction de dizaines de centrales nucléaires, a recensé tous les endroits riches en minerais en vue d’une exploitation sans vergogne. Heureusement que, parallèlement, elle a construit des champs d’éoliennes et de panneaux solaires. Pays riche en paradoxes.

Le sociologue indien A. Nandy nous révèle ce phénomène : « Après l’Indépendance, une seconde colonisation a commencé, plus intériorisée, plus pernicieuse. Elle s’est infiltrée dans les esprits des anciens colonisés avec la complicité des élites indiennes, et tente de nous persuader qu’il n’existe qu’une seule voie vers le progrès : la voie occidentale. Cette aliénation des élites conduit souvent à une véritable réécriture de leur propre civilisation. Par exemple, dans le cas de l’Inde, toute une tradition s’est employée à réinventer un hindouisme dominé par les vertus guerrières et viriles des kshatriyas (la classe guerrière et politique) et a minoré l’ascétisme des brahmanes (classe intellectuelle). Cette aliénation ne se réduit pas aux séquelles du colonialisme, elle est inséparable de la religion du marché du monde moderne. Du coup, les populations de ces régions du monde doutent de leur propre mode de vie et rêvent du modèle américain ! » Quand on lui demande s’il est hostile à toute idéologie laïque, A. Nandy rétorque : « La laïcité n’a pas de sens dans des cultures où l’on ne sait même pas ce que c’est : les langues indiennes n’ont pas de mot pour la désigner. La traduction officielle du terme signifie littéralement “immoralité” ! La société a beau se laïciser massivement, il faut y préserver un espace pour le sacré, même si on n’est pas croyant. Seul un certain sens du sacré peut nous pousser à nous battre contre la peine de mort et pour les droits de l’homme. Je suis moi-même athée, mais je perçois la nécessité du sacré. La violence n’est jamais que la négation du caractère sacré de la vie, humaine ou animale. La tolérance traditionnelle en Inde se passait très bien de la laïcité. De nombreux partisans de Nehru étaient croyants (hindous, musulmans, sikhs), alors que lui-même était athée. »

Pour la majorité des doctrines d’Orient, il n’y a pas réellement de Dieu. Certaines proposent que nous soyons tous dieu, appelés un jour ou l’autre à nous immerger dans une unité lumineuse dépourvue de qualité, d’émotion, de relation et de forme. D’autres nous incitent à nous fondre dans une vacuité uniforme. À partir de telles idées et finalités, il est difficile de donner une place à la nature dans notre contemplation. Là où elle n’apparaît pas ou très peu, on ne peut demander aux fidèles de voir et de respecter la nature comme une partie de Dieu, une de Ses énergies.

Quant aux monothéismes provenant du Proche-Orient, leur discours sur l’environnement reste très frileux. Est-ce dû au fait qu’ils “prêchent uniquement pour leur paroisse”, en organisant leur prosélytisme ? Est-ce leur peur du diable qui les pousse à chasser le diablement esthétique ou l’irrémédiable sens du plaisir, dont la nature fait partie ? Ou était-ce seulement pour les vieux sermons ? À l’exemple d’un évêque de Poitiers qui a laissé un poème nous invitant à utiliser les fleurs et les herbes pour décorer les lieux sacrés, les églises : « Lorsque l’hiver tient prisonnière la terre sous son manteau de glace, périssent toutes les fleurs et il n’est de champs qui ne pleurent sur sa défunte gloire. Mais le Seigneur triomphe des ténèbres et bientôt l’herbe neuve jaillit, toute luisante de printemps et les bourgeons pointent aux branches. Cueillez ces premiers fruits, portez-les à l’église et faites-en des guirlandes pour les autels de Dieu. .

Lors de la Journée Mondiale de la Jeunesse 2008 (JMJ) qui se déroula en Australie, Benoît XVI, qui cherche à donner de lui-même l’image d’un “Pape vert”, dénonça (enfin !) l’insatiable consommation de notre société entraînant dans cette course poursuite : déforestation, érosion, famine, empoisonnement des terres agricoles, exploitation à outrance des ressources naturelles. Il encouragea toute la jeunesse chrétienne à prendre soin de l’environnement et de la beauté de la planète, la création du Seigneur. Il appela à la non-violence, la justice et la paix. Il fit le mea-culpa de l’Église sur la conduite de certains missionnaires vis-à-vis des aborigènes vivant en Australie et sur les îles avoisinantes. Reste au chef des chrétiens à montrer l’exemple.

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